lundi 28 février 2011

Point of view on a landscape

























February, in France. 

Somewhere, a meaningful landscape worked out for milleniums. The land of the Burgundy wines. Here they are, the rooves of Pommard, the stones of Clos de Vougeot, the ashes of Vosne Romanée, the side road to Gevrey-Chambertin. 
What can be a point of view on the landscape of a such worthyness? 

To me, the slack season like the end of winter showed the geometric influence of man combined with the matter of the landscape. No leaves, no fruit, no scent but the colors of the earth, the line of the road and the matter of the soil. Known as poor and filled with pebbles, it keeps up the dark wine stock. The nature stands naked, offering the rotten and the new, the roots emerging from the depth as well as the dry burnt out branches of the "vieilles vignes"... An intense in between, the beauty of the last winter sleep, just before dawn.

Speaking of "Point of view"*, it was the terms chosen by Nicephore Niepce (1865-1833), inventor of photography, to define the first photographic object ever made, using the light to capture the forms and create an image. His object was a landscape, seen out of the window from his bedroom where he made his experiments for hours. What would he think of these not yet tangible landscapes, made for our eyes only or so? Do they belong to photography?


*Point de vue

mercredi 9 février 2011

A la pointe


Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Collection particulière d'engins agricoles Marc Chambon

Rust, hay, twilight, tyre, summer, farm. Of Mice and men.

Mc Cormick, Massey-Ferguson, Fordson, Farmall Cub,
American farming machines - from before and after the war - asleep in a quiet double deck grange made of stones, wood and dry mud. In a tiny village of France. Saint-Martin-Cantalès. 200 inhabitants. No more school, no more shop.

Just like spirits, these old toys are ready to jump and roar again. A good old melody from the fifties.
Their function : dragging over the fields, under the sun, the red dragoon named the Harvester *.
In the quest for grains from the earth.

To see the the revival of the Red Dragoon: hot, bright and rare...



* Batteuse

mercredi 26 janvier 2011

Sur le fil









Sur les fils montés dans le métier à tisser s'affairent lestement ses doigts.  L'atelier est situé dans le 20e arrondissement. La pièce bien qu'étroite abrite l'artisan en blouse de travail, aussi designer textile, ses matériaux, ses machines, ses outils, ses stocks, ses archives, ses échantillons, ses publications, ses souvenirs, ses heures à l'ouvrage, ses projets. Une grande fenêtre au double vitrage donne sur la rue de Bagnolet. La porte de l'atelier donne dans le hall de l'immeuble.

La machine en bois occupe la place centrale. Elle ressemble  à un instrument de musique hybride, sorte de harpe-clavecin sur laquelle Côme compose et joue ses concertos soyeux, ses sonates de lainage, toute la rythmique des tissus du monde. Les pieds sur les pédales, les mains qui semblent surnuméraires ont intériorisé une gestuelle du motif, né dans son imagination, et dont la partition brille sur l'écran de l'ordinateur allumé juste à côté.

Il faut imaginer sa grande bibliothèque de fils colorés et la présence de livres documents sur les étoffes des indiens des 5 continents. L'inspiration part de là : d'un lien à la nature, aux écorces, aux mousses, aux plantes vivaces, à des réminiscences de fossiles versant dans le pop, le folk avec une insolence contemporaine.




Côme Touvay est artisan indépendant et enseigne le Design Textile à L'ENSAD

lundi 17 janvier 2011

Berlin en fuite











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Berlin m'a semblé en fuite. Parce que la neige a fondu en deux jours et que les glaçons couraient dans la Spree. Parce que le mur était éparpillé, en restes presque anecdotiques. J'ai eu peur qu'on l'oublie. Mais, c'est le signe que la cicatrice s'est bien intégrée dans le paysage, en pointillés, parfois soulignée, parfois, juste là pour les yeux qui traînent. Parfois, même plus "à sa place". Il est déplacé, par petits morceaux. La mémoire de Rosa Luxembourg est "en place", "en rue" et "plaquée au sol". Gisaient quelques restes de pétards du Nouvel An.  

Et les travaux, les chantiers, les terrains vagues, les voitures qui roulent vite, toujours là : destruction-reconstruction, entre soleil et pluie, brouillard et vent, nuit et jour. Une vraie ville de traces. Il ne faut pas qu'elles disparaissent. 

Dans ce chaos urbain, j'y ai trouvé une cohérence identitaire, visuelle, mouvante, dans l'espace compris entre bitume et ciel.