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dimanche 12 février 2012

Jeux de jambes










Quel est votre sujet au juste ? la chaussure - la jambe - la mode - l'individu - le collectif - la rue - l'installation?
Ni queue ni tête.
Mais si.


Du glam'chic au look de la rue, d'un défilé à l'autre. Activités ou agitations de la ville occidentale.
Le dedans vers le dehors. On va de l'avant!


Et c'est où d'abord? Paris, Rome, Venise
Vous voulez dire quelque chose? C'est à propos du mouvement de la vie. 
Et quoi d'autre ? C'est tout. Enfin, non, c'est plus que ça, observez.
Y a de la grâce.

jeudi 26 janvier 2012

Jacqueline






De conversation en conversation avec des vieilles dames, on voyage dans le temps. Agnès et Lolita ne se connaissent pas et ne connaissent pas non plus Jacqueline ici présente. Mais à l'occasion, il faudrait qu'elles se rencontrent. Jacqueline est parisienne, habite dans le 14e arrondissement de Paris, depuis un bail. Déjà arrière grand-mère, elle a élevé 4 enfants. Elle a accouché à la maison avec une sage-femme. Son fils aîné est né à 7 mois en plein hiver. Mais il faisait doux et sa couveuse a été confectionnée maison : sur un fauteuil, un nid fait d'oreillers et de couvertures a abrité le tout petit bébé, le temps qu'il finisse de cuire


Avec Jacqueline, ce sont des instants de vie qui volent dans la pièce, récents ou plus datés. Il suffit de demander et elle raconte, simplement, sans manière. Comment était le quartier dans les années 50, quelles sont ses activités aujourd'hui. A regarder ses albums photos, on croit que sa vie est toujours heureuse : les photographies dentelées, en noir et blanc, soigneusement collées sur les pages jaunies d'un album à spirale dépeignent une histoire de famille simple et sympathique, entre "la zone" de Porte de Vanves, un appartement et les premières vacances avec Robert son mari et les enfants qui naissent au fur et à mesure. Jacqueline a fait de nombreux métiers, dont celui de couturière. On observe sur les images les vestes et les bermudas coquets ou les robes de dentelles qu'elle cousait elle-même pour ses petits. En vacances au camping à la mer ou dans une maison de campagne, la vie semble mi-douce, mi-dure pour cette famille parisienne. Pour couronner le tout, c'est une femme de caractère : belle jeune fille frêle, avec de longs cheveux noirs bouclés et un regard intense, elle ressemble à vingt ans à une héroïne andalouse de Federico Garcia Lorca. A 83 ans bientôt, elle est toujours indépendante, coquine et ne s'en laisse pas compter. Elle parle de son mari, de son frère, de ses gosses, tendre et vache à la fois, avec un humour délicieux de parigote. Au retour de chez le coiffeur, elle picore comme un oiseau son déjeuner, s'enfonce dans son relax pour regarder des séries américaines tout le jour dans une obscurité hivernale qui lui convient. Le soir avant de retrouver son relax et la télé, elle accepte de goûter du chocolat bio, mais dit aimer autant l'autre!


Aujourd'hui, elle accueille son petit-fils et son arrière petit-fils nouveau né le temps d'un week-end. Repas partagés, moments entre le bébé et la vieille dame. Au passage, elle sort de son armoire une petite boite rose qu'elle pose sur le dessus de lit fleuri et en extrait délicatement les mèches de cheveux de chacun de ses quatre enfants qu'elle a précieusement gardés tout au long de cette vie.

lundi 26 septembre 2011

A voir à Paris tout l'été

















Trottoirs d'automne, à vous de parler maintenant
Glissants et scintillants
Fourmillant
Au revoir pollens & éternuements
Bienvenus feuilles et papiers tourbillonnants

lundi 23 mai 2011

"ÇA PART EN COUILLES !"
















Dimanche 22 mai 2011, devant le fontaine Niki de Saint Phalle
Rassemblement contre le Sexisme avec les collectifs La Barbe, Osez le Féminisme et Paroles de Femmes


Vu & Entendu 

***
En essayant de me frayer un chemin vers l'estrade au travers de la foule compacte, j'ai dû jouer des coudes et des épaules gentiment. Un gros monsieur que j'avais embêté me dit "ah vous êtes une femme, alors vous avez le droit de pousser"

No Comment 

***
J'aurais voulu atteindre l'estrade, monter et photographier la foule, mais il me fut impossible d'avancer à plus d'un mètre, car une barrière de photographes masculins baraqués, surrélevés avaient dégainé leurs gros appareils et leurs longs objectifs qu'ils braquaient sur les femmes ; ils occupaient totalement le devant de la scène, si bien qu'on ne voyait aucune des intervenantes. 

No Comment



vendredi 8 avril 2011

Les passants

 












Il y a un mois, la lumière a changé dans Paris. En quelques jours, a eu lieu le passage de l'hiver au printemps, porté par cette lumière très particulière.
Je n'ai pu opposer aucune résistance à l'appel de la rue et des autres, que je ne connaissais pas, pour observer sur eux l'effet de ces lueurs printanières.
Afin de recevoir le flux incessant de la ville, je me suis postée jour après jour, des heures durant, tôt le matin ou en fin d'après-midi, à la bouche de métro de Ménilmontant. Suivant un élan obsessionnel d'être là, parmi d'autres,  il me fallait extirper un morceau d'intériorité, sans agresser, sans  voler ni causer du tort.  Les passants cadrés restent anonymes, circonscrits dans le flot débordant autour d'eux, mais ils appartiennent entièrement à la ville et c'est cela que je veux saisir. Ces passants m'intéressent dans leur mouvement que je ne perçois que 10 secondes. Avant, je ne les vois pas, après ils ont disparu. Un passage à l'acte difficile, car je suis là,  visible, présente et j'essaie de capter ce que j'aime de la ville à travers les expressions des visages qui passent. c'est physique, c'est un défi, c'est comme jouer avec de très grosses vagues. Il m'a fallu parfois arrêter face à la colère et à la menace de certains qui m'ont figée de longs moments parfois. J'ai aussi commencé à demander une sorte de permission, détournant la confrontation photographique vers une rencontre. Mais souvent, on ne voyait pas ou bien on était indifférent ou encore souriants.



A suivre...