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mercredi 24 août 2011

Portrait d'un homme de mécanique vernaculaire





















Voici le portrait d'un homme. Il s'appelle Marc Chambon. Je l'ai rencontré dans son pré à l'occasion de la remise en route de la batteuse en bois du grand-père, il y a 2 ans. Ce sont des histoires de campagne, de moissons, de réunion de village qui n'ont plus cours, sauf pour se remémorer justement ces événements qui appartiennent à l'histoire agricole et à l'histoire des villages. Je suis revenue voulant mieux le connaître.


Marc a élu domicile dans cette ancienne grange de famille au beau milieu d'un pré dominant le village. De grands arbres protègent le bâtiment, tandis que s'étale de tout son long le champ, ondulant sous l'effet d'une pente douce. De l'herbe bien verte et une partie dévolue au blé dominent sans forcer les toitures de lauze du village. Au loin, des prés, des toits, du ciel. De belles pierres, une magnifique charpente sous un toit de tôle rouillée, des bottes de foin et de la paille, des toiles d'araignées, caractérisent la grange à deux niveaux qui abrite sa "maison". Il s'y est aménagé en effet un deux-pièces confortable et nu en retrait à droite de l'entrée sous le niveau du sol. La bâtisse est entièrement préservée en l'état de grange ; on ne pourrait soupçonner que quelqu'un y vit. Belle cachette.


Il y vit, entouré d'anciens tracteurs et engins agricoles recueillis çà et là. Quand on se promène dans la grange, on découvre les indices d'un quotidien aux activités multiples. Hors du temps, l'atmosphère luit d'un éclat mordoré, traversée parfois de clairs-obscurs. Au-dessus des vieux tracteurs, des vestes, des blousons de pluie ainsi que des combinaisons épaisses tiennent sur un portant. Un cageot de haricots tout juste cueillis attend sur la paille. Et tant d'autres détails vivants accrochent le regard. 


Une fois les yeux habitués aux lueurs et à la pénombre, on aperçoit le tintement silencieux des vieux outils et des machines agricoles immobiles. Marc se promène doucement avisant des toiles d'araignées, des tranchants d'outils rouillés, des crevasses dans le plancher sous la paille. Le parcours nous fait mesurer les dimensions de cette grange qui semble gigantesque. Puis un escalier fragile conduit vers une haute nef de bois. On voit d'abord un empilement géométriques de bottes de foin et derrière elles sont garés ces véhicules d'un autre âge. On se croirait dans un vaisseau amiral recelant en lui-même des rafiots oubliés. 


Le Capitaine de ces lieux, qui n'a pas l'âme d'un croque-mort, redonne régulièrement vie à chacun d'eux, en les réparant. Cela fait trois ans que son rêve d'avoir des visiteurs pour montrer, dans le pré, son cortège de mécaniques en marche se réaliseIl est rare de voir quelqu'un qui donne autant de profondeur à un paysage sans l'épuiser, en répétant pour la beauté du geste, les gestes d'autrefois dans le paysage d'aujourd'hui.


samedi 27 juin 2009

SCHHHRRRRAAAAKKKKKK!!!



















Tiens, ça revit et ça respire. Rupture de l'ordre ancien : 
SCHHHRRRRAAAAKKKKKK!!!
Annoncé depuis des mois, un fracas épouvantable s'amorce. La craquelure se propage 
dans l'écorce, cric par crac, degré par °, s'ouvre sur un nouvel horizon encore enfumé.
Des images clignotent par petits flash et quelques couleurs signalent la nouveauté.
SCHHHRRRRAAAAKKKKKK!!! KKKRRRRAAAOUUUUINKKK!!!
ça dure, ça occupe tout le temps. Vhhffft, oh, aïe, han, mais encore pourquoi combien de temps?
ça se voit sur la peau, dans les photos qu'on colorise, ça se voit dans les cheveux qui se bousculent, dans les yeux qui brillent, dans la nuit qui ne dort pas sur moi. Mais ça va, la pellicule est neuve, on a un nouveau capteur de vie intégré, un moteur sur puissant. Des miettes de Farrah et de Mickael et d'autres cendrillonnent au-dessus du brasier. Un objectif lumineux pointé droit devant. Banzaï!